Lexique

Les mots sont investis de sens qui se perdent parfois dans le temps. On trouvera dans ce lexique les informations nécessaires à la compréhension des mots et expressions dont l’usage a disparu, ou dont le sens a été modifié.

Apanages :  On appelait ainsi les domaines que les rois donnaient à leurs fils puînés. Selon Mézeray (Mémoires historiques et critiques), le mot apanage ou apennage vient d’apenner, donner des ailes ; « les enfants paraissaient alors saillir du nid », comme dit Comines en parlant de Charles VIII. D’autres font dériver le mot apanage du latin barbare apanare, donner du pain (panem ac cibum porrigere). A partir du XIe siècle le système des apanages fut appliqué à la maison royale. (voir sur le site Histoire-passion).


Ban vin. — Ce mot composé de ban et de vin indique, comme le ban des vendanges, le droit qu’avait un seigneur d’accorder l’autorisation de vendre du vin dans ses domaines ; il prélevait un impôt sur cette vente. On appelait aussi cet impôt Banvin. (D’après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France, Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899).

Fabrique d’église : Conseil de laïques chargés de l’administration des revenus d’une paroisse. On appelle ordinairement les membres du conseil de la fabrique marguilliers

Fief : Au Moyen Age, domaine concédé par un seigneur à son vassal.


Garenne : À l’origine, la garenne est un espace réservé à certaines espèces de gibier et où les animaux peuvent trouver pâture. Elle a comme précurseur les leporaria romaines (enclos à gibier) et les forestis de l’époque franque (silvae royales où seul le roi a droit de chasse). Initialement non clos « garenne libre ou ouverte », dite encore « garenne justicière » constituée de bois, taillis ou de bruyères) puis mis en défensgarenne close ou forcée » par des enclos de murs ou des fossés d’eau), cet espace « garé » et « gardé » voit la prolifération d’animaux, dont les lièvres et lapins. 

Droit régalien sous les Carolingiens puis droit seigneurial, un seigneur s’y réserve le droit de chasse (avec son ban de garenne, il se réserve surtout le grand gibier, les paysans participant, plus ou moins légalement, à la capture des lapins par filets, lacets, collets ou trappes) ou de pêche, pour les garennes à poisson. Ces espaces réservés féodalement sont généralement à proximité d’une demeure seigneuriale. 

Le droit de garenne est l’un des privilèges abolis dans la nuit du 4 août par l’Assemblée nationale constituante en 1789.

Généralités : Deux généralités pour notre région : La Rochelle et Limoges

 La généralité de La Rochelle a été créée en 1694. Elle comprenait 3 sénéchaussées : la Rochelle, Saint-Jean-d’Angély, Saintonge (Saintes).

  •  6 élections : Barbezieux, Cognac, Marennes, La Rochelle, Saint Jean d’Angély et Saintes
  •  et 12 subdélégations (intendances) : Barbezieux, Charente (Tonnay-Charente, n’existait plus en 1786), Châteauneuf (Châteauneuf-sur-Charente, n’existait plus en 1786), Cognac, Daligre, Génac (n’existait plus en 1786), Île d’Oléron, Île de Ré, Mansle, Marennes, Mauzé, Mirambeau (n’existait plus en 1786), Rochefort, La Rochelle, Rohan-Rohan (n’existait plus en 1786), Saint-Jean-d’Angély, Saintes.

 La généralité de Limoges a été créée en 1558. Cette circonscription connut des débuts agités : supprimée dès 1560, elle fut rétablie à la fin de 1573, puis supprimée à nouveau le 6 avril 1579, mais rétablie vingt jours plus tard. En décembre 1583 elle disparaît pour la troisième fois. Son dernier rétablissement date de 1586.

Au XVIIIe siècle, elle comprenait :

  •  5 élections : Angoulême, Bourganeuf, Brive, Limoges, Tulle
  •  30 subdélégations : Angoulême, Argentat, Beaulieu, Bellac, Bort, Bourganeuf, Brive, Châlus, Le Dorat, Égletons, Eymoutiers, Juillac, Limoges, Lubersac, Magnac-Laval, Meymac, Montauzier (auj. Baignes-Sainte-Radegonde), Montmoreau, Neuvic, La Rochefoucauld, Ruffec, Saint-Junien, Saint-Léonard, Saint-Yrieix, La Souterraine, Treignac, Tulle, Turenne, Ussel, Uzerche

Mas : En Saintonge, exploitation rurale. (Les noms de lieux en France, par André Pégorier, géographe, ed 2006)


Ouche : verger entouré d’une murette


Tenancier : Possesseur, mais non propriétaire d’une tenure. Le tenancier doit services, ou cens, et certains droits. Tenure : Terre concédée par un seigneur qui en garde la propriété. 
Terrier

Un livre terrier, ou terrier, est un registre contenant les lois et usages d’une seigneurie, la description des bien-fonds, les droits et conditions des personnes, ainsi que les redevances et obligations auxquelles elles sont soumises.

Avant l’existence du cadastre créé par Napoléon Ier en 1807, les seuls plans ou récits permettant de connaître les propriétés sont donc les plans terriers. Il est inutile d’insister sur l’intérêt de tels documents lorsqu’ils sont explicites.